Un S+2 à 640 mille dinars, comment les Jardins de Carthage sont devenus la zone premium de Tunis ?
2026-03-24 - 08:45
Aux Jardins de Carthage, un appartement S+2 peut désormais coûter jusqu’à 640 mille dinars voire plus, un prix qui illustre parfaitement le statut premium acquis par ce quartier du Grand Tunis. Mais comment une zone résidentielle est-elle parvenue à devenir l’une des plus prisées de Tunisie ? Décryptage. Le secteur que l’on connaît aujourd’hui sous le nom des Jardins de Carthage résulte d’un lotissement urbain développé par l’Agence Foncière de l’Habitat (AFH) dans une zone auparavant désignée autour de Aïn Zaghouan et la Cité Aziza. Aujourd’hui l’attrait des Jardins de Carthage repose avant tout sur sa situation géographique. Entre La Marsa, Carthage, les Berges du Lac, l’aéroport de Tunis Carthage, les quartiers branchés de Gammarth, le quartier concentre une proximité rare avec les axes routiers, les centres d’affaires et les commodités urbaines. Cette centralité confère à ses habitants un accès rapide aux écoles, commerces, cliniques et lieux de loisirs, réduisant considérablement le temps consacré aux déplacements et renforçant le confort quotidien. Un urbanisme pensé pour une clientèle aisée À cette localisation stratégique s’ajoute un urbanisme pensé pour une clientèle aisée : immeubles récents, résidences sécurisées, architecture moderne et services intégrés. Ces caractéristiques répondent aux attentes d’une classe moyenne supérieure, souvent issue des secteurs de la finance, des technologies ou des professions libérales, pour qui qualité de vie et standing sont prioritaires. Lire aussi : Aouina, Hay Salama... : Un enfer de circulation sous des tours de béton ! D’ailleurs, le niveau de vie dans cette zone surpasse largement celui d’autres quartiers, comme Sidi Daoud, un petit village situé à quelques minutes seulement des Jardins de Carthage. Mais le statut premium des Jardins de Carthage dépasse le cadre immobilier. Habiter ce quartier est devenu un marqueur social, un signal de réussite et de distinction. La présence de célébrités et d’influenceurs qui affichent leur quotidien sur les réseaux sociaux a renforcé cette image de prestige, transformant le quartier en référence urbaine et symbole d’un certain mode de vie. Les images de cafés branchés, d’appartements modernes et de routines lifestyle créent un effet de désir et alimentent la demande, faisant grimper les prix. Une demande constante Enfin, le marché des Jardins de Carthage est soutenu par une demande constante, qu’il s’agisse de jeunes cadres, de professionnels libéraux ou de Tunisiens résidant à l’étranger, séduits par la combinaison unique de confort, sécurité, accessibilité et prestige social. Cependant, cette concentration de quartiers huppés accentue également les disparités sociales dans une Tunisie où le salaire minimum ne dépasse pas 500 dinars. Alors que certains habitants peuvent investir des centaines de milliers de dinars dans un appartement, une grande partie de la population peine à accéder à un logement décent, illustrant un écart croissant entre les zones premium et le reste du pays. Cette polarisation urbaine transforme les Jardins de Carthage en symbole non seulement de prestige, mais aussi des inégalités économiques et sociales qui traversent la société tunisienne.