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Tunisie : Les dos d’âne trop hauts pour les nouveaux bus chinois ?

2026-03-23 - 17:35

À Sousse, une opération technique en apparence anodine soulève une question de fond à l’échelle nationale : les ralentisseurs en Tunisie sont-ils devenus incompatibles avec les nouveaux bus, notamment ceux importés de Chine ? Le lundi 23 mars 2026, les services de la direction régionale de l’Équipement à Sousse ont lancé une expérience pilote visant à réduire la hauteur des dos d’âne de 12 à 10 centimètres. Cette initiative intervient après des signalements répétés concernant les difficultés rencontrées par les nouveaux bus articulés exploités par la Société de transport du Sahel, récemment intégrés dans le cadre d’un marché international avec la Chine. Véhicules plus longs et plus bas Ces véhicules, plus longs et plus bas que les anciens modèles, sont particulièrement sensibles aux irrégularités de la chaussée. Certains ralentisseurs, jugés trop élevés ou non conformes, exposent les bus à des risques mécaniques (chocs au niveau du châssis, usure prématurée) mais aussi à des incidents pouvant affecter le confort et la sécurité des passagers. L’expérimentation a ciblé un premier axe routier reliant Kalaâ Sghira à l’autoroute. Elle pourrait être généralisée si les résultats s’avèrent concluants. En parallèle, un travail de recensement mené dans le gouvernorat de Sousse met en évidence l’ampleur du problème : sur 259 ralentisseurs identifiés, 87 devraient voir leur hauteur réduite, 24 pourraient être supprimés, tandis que seuls 7 sont jugés conformes aux normes. Lire aussi : Tunisie : Tous les dos d’âne anarchiques bientôt désinstallés Au-delà du cas de Sousse, cette situation interroge la cohérence des infrastructures routières à l’échelle nationale. Les dos d’âne, souvent installés de manière anarchiques pour répondre à des préoccupations locales de sécurité, ne semblent pas toujours respecter des standards techniques uniformes. Or, avec le renouvellement progressif du parc de transport public, notamment via des acquisitions à l’international, la question de la compatibilité entre véhicules et aménagements devient centrale. Aucune prévention ? Faut-il revoir les normes de construction des ralentisseurs ? Adapter les infrastructures existantes aux nouveaux bus ? Ou, à l’inverse, intégrer ces contraintes dès la phase d’achat des véhicules ? En filigrane, c’est toute la problématique de la planification et de la coordination entre politiques de transport et aménagement du territoire qui se pose. Car une chose est désormais claire : ce qui relevait hier de solutions locales pourrait aujourd’hui constituer un frein au bon fonctionnement du transport public à l’échelle du pays.

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