Ramadan en Tunisie : Quand les pétards transforment les nuits en cauchemar
2026-03-07 - 18:18
Chaque année, le mois de Ramadan transforme les soirées tunisiennes en moments de convivialité, de rencontres et de vie nocturne intense. Mais derrière cette atmosphère festive, une réalité beaucoup moins évoquée s’impose dans de nombreux quartiers : des nuisances sonores devenues pour beaucoup d’habitants presque insupportables. Dans plusieurs villes du pays, les nuits ramadanesques sont désormais rythmées par les explosions de pétards – appelés communément « fouchik » – lancés par des enfants et des adolescents dans les rues, parfois jusque tard après minuit. Ce phénomène, devenu quasi quotidien pendant le mois saint, suscite une irritation croissante chez de nombreux riverains qui dénoncent une dégradation du cadre de vie. Une nuisance sonore généralisée Les tirs de pétards et autres artifices produisent des bruits secs et puissants qui se répètent tout au long de la soirée. Dans certains quartiers, les explosions s’enchaînent pendant des heures, perturbant le sommeil des habitants, notamment des personnes âgées, des malades ou des enfants en bas âge. Plusieurs observateurs soulignent que ces détonations répétées transforment le paysage sonore urbain durant Ramadan. Les habitants évoquent des nuits écourtées, un stress permanent et un sentiment d’impuissance face à un phénomène difficile à contrôler. L’exposition à des bruits intenses peut par ailleurs provoquer des dommages à l’oreille interne et entraîner une perte auditive ou des acouphènes, même après une exposition relativement brève. Des risques réels pour les enfants Au-delà des nuisances, l’usage des pétards représente un danger réel pour les enfants qui les manipulent. Les autorités sanitaires et plusieurs organismes de protection de l’enfance mettent régulièrement en garde contre les blessures graves que peuvent provoquer ces objets. Brûlures, coupures, lésions oculaires ou amputations figurent parmi les accidents les plus redoutés. Dans certains cas, les blessures peuvent entraîner des séquelles permanentes. Le ministère de la Santé appelle régulièrement les parents à faire preuve de vigilance et à éviter l’achat de ces produits souvent vendus sur les marchés parallèles. Les pétards et certains jouets dangereux peuvent provoquer des blessures graves, des brûlures ou des atteintes aux yeux pouvant aller jusqu’à la perte de la vue. Un phénomène alimenté par la contrebande Malgré leur interdiction, les pétards continuent de circuler largement sur les marchés informels. Les services douaniers et de contrôle économique procèdent chaque année à des saisies importantes. Des dizaines de milliers d’unités sont régulièrement interceptées dans différents ports ou régions du pays, preuve de l’ampleur d’un commerce clandestin qui alimente cette pratique. Les autorités rappellent pourtant que l’importation, la production et la vente de pétards sont interdites par la législation tunisienne et peuvent entraîner des sanctions pénales. Entre tradition festive et incivilité Pour beaucoup d’enfants et d’adolescents, les pétards restent associés à une forme de fête et de divertissement. Mais pour une partie croissante de la population, cette pratique s’apparente de plus en plus à une incivilité qui transforme les soirées ramadanesques en source de stress. Lire aussi : Les pétards et les fumigènes confisqués, les coupables arrêtés !