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Le Tunis « hors-champ » : Ce que le regard du New York Times laisse de côté

2026-03-21 - 06:14

C’est une habitude, presque un rituel saisonnier : dès que le soleil se fait plus pressant sur la Méditerranée, les grands titres de la presse internationale redécouvrent Tunis. Dans sa livraison du 20 mars, le The New York Times propose un portrait à l’esthétique léchée intitulé “The Irresistible Glow of Tunis”. On y croise des portes bleues à Sidi Bou Saïd, des matcha latte à 15 dinars dans des cafés minimalistes et une « énergie créative » qui se nourrirait, presque avec légèreté, de nos tensions politiques. C’est beau, c’est fluide, c’est... sélectif. Car pour celui qui vit Tunis au quotidien, ce récit ressemble à une ligne de TGM qui ne s’arrêterait qu’aux stations les plus fleuries : on admire le paysage, mais on traverse la ville sans vraiment s’y arrêter. Une ville cadrée Le récit de Tyler Donohue suit une trajectoire familière : Médina, Carthage, La Marsa, Gammarth. Un Tunis où le visiteur peut circuler sans jamais vraiment se heurter à la rugosité du réel. Mais Tunis ne se résume pas à cette ligne. La pulsation de la capitale bat ailleurs. Dans la densité de l’Ariana, dans le chaos organisé d’El Mourouj, dans l’effervescence de l’avenue de Madrid. Là où la créativité ne passe ni par des « concept stores » ni par la « slow fashion », mais par la débrouille, l’adaptation et une vitalité qui n’attend aucune validation extérieure pour exister. Le mezwed, entre scène et réalité

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