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Le regard d’un Tunisien sur le kabuki récompensé au Japon

2026-03-15 - 08:37

Le directeur de la photographie tunisien Sofian El Fani a remporté le prix de la meilleure photographie lors de la 49e édition des Japan Academy Film Prize, l’une des distinctions les plus prestigieuses du cinéma japonais. Cette récompense vient saluer son travail visuel dans le film Kokuho (« Le Maître du kabuki »), réalisé par Lee Sang-il. Sorti au Japon en 2025, le long-métrage plonge dans l’univers du kabuki, forme traditionnelle du théâtre japonais, et retrace le parcours d’un jeune homme immergé dans ce monde artistique exigeant. Le film a été salué pour son esthétique visuelle et sa capacité à restituer la richesse de cet art séculaire. Une caméra au plus près des acteurs La presse japonaise a particulièrement relevé l’approche visuelle adoptée par Sofian El Fani. Dans une analyse consacrée au film, le site culturel japonais Nippon.com souligne que la mise en image « place la caméra au plus près des acteurs et révèle l’intensité du jeu kabuki », permettant au spectateur de ressentir toute la dimension émotionnelle des performances. De son côté, la presse anglophone liée au quotidien Mainichi évoque une photographie marquée par « des gros plans fascinants qui capturent l’émotion des interprètes », mettant en avant la précision du regard du chef opérateur tunisien. Pour plusieurs critiques, cette approche visuelle contribue à renouveler la manière de filmer cet art traditionnel, en révélant à la fois la beauté de la scène et la dimension humaine des artistes. Une reconnaissance internationale La distinction obtenue aux Japan Academy Awards confirme la reconnaissance internationale dont bénéficie Sofian El Fani. Chef opérateur réputé, il s’est illustré dans plusieurs productions cinématographiques et collabore régulièrement avec des réalisateurs issus de différentes cultures. Cette récompense souligne également la dimension internationale du cinéma contemporain, où des talents venus de différents horizons participent à la création de films profondément ancrés dans des traditions culturelles locales. De Kokuho à « La Voix de Hind Rajab » Sofian El Fani est également le directeur de la photographie du film « La Voix de Hind Rajab », inspiré du drame de la fillette palestinienne tuée à Gaza en 2024. Cette œuvre, qui a suscité une forte attention médiatique, a contribué à renforcer la visibilité du chef opérateur tunisien sur la scène cinématographique internationale. La récompense obtenue au Japon illustre ainsi la trajectoire singulière d’un professionnel de l’image dont le regard continue de marquer des productions venues d’univers culturels très différents, du théâtre traditionnel japonais aux récits contemporains du Moyen-Orient. Lire aussi: Golden Globes 2026 – « La Voix de Hind Rajab » nommé pour le Prix du Meilleur film en langue étrangère Oscars 2026 – « La Voix de Hind Rajab » : L’acteur palestinien Motaz Malhees privé de cérémonie faute de visa

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