L’Espagne ferme son espace aérien aux avions de combat américains impliqués en Iran
2026-03-30 - 10:14
L’Espagne a franchi un nouveau cap dans sa prise de distance avec l’offensive menée par les États-Unis et Israël contre l’Iran. Selon plusieurs médias espagnols publiés ce lundi, Madrid a décidé de fermer totalement son espace aérien à tout vol militaire lié, directement ou indirectement, aux opérations américaines, y compris les survols et l’usage des bases de Rota et Morón pour des missions offensives. Un veto qui va au-delà des bases militaires Cette décision marque un durcissement de la position du gouvernement de Pedro Sánchez, qui avait déjà refusé début mars l’utilisation des bases militaires espagnoles par l’aviation américaine pour frapper l’Iran. Désormais, le veto s’étend aussi au simple transit aérien au-dessus du territoire espagnol, obligeant les appareils américains à contourner la péninsule ibérique pour rejoindre le Moyen-Orient. Les seuls cas exemptés seraient les situations d’urgence. Une décision à forte portée diplomatique Madrid justifie cette mesure par son refus de participer, même indirectement, à une guerre jugée contraire au droit international, faute de mandat explicite de l’ONU, de l’OTAN ou de l’Union européenne. Lire aussi : Crise Espagne–États-Unis : A Rabat, une satisfaction discrète ? Le ministre de l’Économie Carlos Cuerpo a défendu cette ligne en affirmant qu’elle s’inscrivait dans la continuité de la position espagnole : ne pas contribuer à une guerre déclenchée unilatéralement. Impact logistique pour Washington Sur le plan opérationnel, cette fermeture complique la logistique américaine. Des avions ravitailleurs KC-135 et certains bombardiers stratégiques ont déjà été redéployés vers la France, l’Allemagne ou le Royaume-Uni, allongeant les routes et augmentant les contraintes de mission. Cette décision espagnole accentue ainsi les fractures au sein des alliés occidentaux sur la gestion du conflit iranien, tout en envoyant un signal politique fort à Washington. Lire aussi : Trump annonce la fin de tous les échanges commerciaux avec l’Espagne