Iran : La mort de Larijani et Soleimani change-t-elle vraiment l’équilibre du pouvoir ?
2026-03-18 - 07:04
La disparition d’Ali Larijani, figure influente du système iranien, et du chef des Basidj Gholamreza Soleimani marque un tournant brutal dans le conflit. Mais au-delà du choc émotionnel à Téhéran, c’est surtout la nature de la riposte iranienne qui redéfinit aujourd’hui l’équilibre régional. Une riposte immédiate qui redéfinit le tempo La confirmation par Téhéran du décès de ces deux figures clés a été suivie, en quelques heures seulement, par une vague de frappes de missiles et de drones visant Israël. Selon des bilans concordants, ces attaques ont fait au moins deux morts dans la région de Tel-Aviv. La rapidité de cette réponse ne laisse guère de place au doute : l’Iran s’inscrit désormais dans une logique d’escalade assumée. Mais cette riposte ne se limite pas au territoire israélien. Des intérêts américains ont été visés à Bagdad, tandis que plusieurs pays du Golfe ont activé leurs systèmes de défense face à des menaces aériennes. En étendant ainsi le théâtre des opérations, Téhéran transforme une confrontation bilatérale en une tension régionale diffuse, rendant toute tentative de médiation plus incertaine. Un système conçu pour absorber les chocs L’objectif des assassinats ciblés était de fragiliser le cœur décisionnel du régime. Pourtant, la structure du pouvoir iranien semble, à ce stade, absorber l’impact. Le système repose sur des chaînes de commandement redondantes et une culture politique forgée dans la confrontation permanente. La disparition de figures de premier plan n’y provoque pas de vide, mais accélère les mécanismes de remplacement par des profils souvent plus radicaux. La stratégie est claire : transformer une vulnérabilité apparente en démonstration de résilience. Les représailles ne sont pas seulement militaires, elles constituent également un message politique adressé à la fois à la population iranienne et aux acteurs internationaux. L’onde de choc économique : le pétrole sous tension Au-delà du terrain militaire, la crise produit déjà ses effets sur les marchés. Le Brent a dépassé la barre des 100 dollars, oscillant autour de 102 à 103 dollars le baril, sous l’effet des tensions autour du détroit d’Ormuz et des incertitudes sur les flux énergétiques. Cette poussée reflète une inquiétude plus large : celle d’un conflit susceptible de perturber l’un des corridors énergétiques les plus stratégiques au monde. Dans ce contexte, l’arme énergétique demeure pour Téhéran un levier indirect mais central. Un équilibre inchangé, une crise élargie En définitive, ces assassinats modifient moins l’équilibre interne du pouvoir en Iran qu’ils ne précipitent une extension du conflit. Israël reste le point de confrontation direct, mais l’Irak et le Golfe s’imposent désormais comme des espaces secondaires d’une même crise. Le régime à Téhéran reste debout, mais il est désormais engagé dans une dynamique d’escalade où chaque action élargit un peu plus le champ des hostilités. L’équilibre régional, lui, n’a jamais été aussi instable. Lire aussi: Ormuz : L’UE privilégie la diplomatie face à la pression de Trump Guerre contre l’Iran : Démission choc au sommet du renseignement américain