Institut Cervantès : Delia Vargas et l’Andalousie profonde
2026-03-28 - 08:24
C’est dans les méandres des campagnes andalouses que la jeune réalisatrice espagnole Delia Vargas a tourné son film » Recovero « , une œuvre d’une grande finesse, entre documentaire et autofiction. Delia Vargas a présenté son film hier, vendredi 27 mars, à l’Institut Cervantès de Tunis devant un public nombreux venu découvrir à la fois ce documentaire et une exposition de photographies prises lors du tournage. Ce film raconte les travaux et les jours de José Antonio Vargas qui n’est autre que le père de la réalisatrice. On le suit dans ses pérégrinations dans les campagnes de l’Andalousie, entre Malaga et la Valle del Guadalhorce, autour des villages des environs de Cartama. José est colporteur. Avec sa camionnette, il sillonne les campagnes pour vendre toutes sortes de produits à des villageois qui attendent son passage avec impatience. Entre passé et présent, Delia Vargas brosse les grands traits d’un métier en voie de disparition, d’une profession qui est ancrée dans les terroirs andalous où depuis des siècles, le recovero traversait les paysages à dos d’âne et parfois à pied, pour commercer avec les paysans. La réalisatrice qui est également la scénariste et la monteuse du film, parvient à rendre plusieurs aspects de la vie familiale ainsi que les dilemmes qui secouent les jeunes des villages. Dans un dialogue avec son père et plusieurs membres de la famille, elle restitue des tranches de vie et des bribes de vérité, avec au final un film très attachant et une plongée dans le monde des recoveros. Proche de notre robavecchia, ce personnage du recovero est également envisagé dans le lien qu’il constitue entre villes et campagnes. Avec beaucoup d’humour et un regard complice, Delia raconte la chronique d’un métier en voie de disparition et témoigne de réalités familiales vivantes. Ce film qui est la deuxième œuvre de Delia Vargas ( elle a aussi realisé un court métrage sur les favelas de Rio ) a été applaudi par le public qui a ensuite partagé un moment de débat avec la cinéaste. Peut-être aurons-nous d’autres occasions de voir le film » Recovero « . En tout état de cause, ce documentaire mériterait de figurer dans la sélection du prochain Festival international du film amateur de Kélibia. À découvrir ! Lire aussi: Institut Cervantes : Regards croisés sur les paysages d’Espagne et de Tunisie Institut Cervantès : Honneur aux femmes de Science