Guerre en Iran : Téhéran balaie les « négociations » de Trump et dénonce une « trahison de la diplomatie »
2026-03-25 - 08:16
Alors que Washington évoque des avancées diplomatiques, Téhéran oppose un refus net. Ce mercredi 25 mars, le commandement militaire iranien comme le ministère des Affaires étrangères ont rejeté toute idée de négociation avec les États-Unis. Sur le terrain, l’escalade se poursuit, avec des frappes croisées visant Téhéran et Tel-Aviv. Le démenti cinglant de Téhéran Quelques heures après les déclarations de Donald Trump affirmant que des discussions étaient engagées avec « les bonnes personnes » en Iran, la réponse iranienne a été immédiate — et sans ambiguïté. Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Esmail Baghaei, a jugé ces propos « non crédibles ». Pour Téhéran, l’idée même d’une médiation est incompatible avec la réalité militaire actuelle. « Comment croire à une volonté de dialogue alors que l’Iran est sous bombardements constants ? », a-t-il lancé, évoquant une expérience diplomatique avec Washington qualifiée de « catastrophique » et marquée, selon lui, par une « trahison ». Le ton est encore monté d’un cran du côté militaire. Ebrahim Zolfaqari, porte-parole du commandement unifié des forces armées iraniennes, dominé par les Gardiens de la Révolution, a tourné en dérision les propos américains, affirmant que les États-Unis étaient en train de « négocier avec eux-mêmes » . Une manière de signifier que toute perspective d’accord est, à ce stade, exclue. Le flou persistant autour du « plan en 15 points » Malgré ce rejet frontal, plusieurs sources évoquent l’existence d’une initiative américaine plus structurée. Selon des informations relayées par des médias américains et israéliens, Washington aurait transmis à Téhéran un plan en 15 points visant à encadrer une sortie de crise. Ce document inclurait notamment le démantèlement du programme nucléaire iranien, l’arrêt du soutien aux groupes alliés dans la région, ainsi que la réouverture du détroit d’Ormuz, devenu l’épicentre du choc énergétique mondial. En parallèle, les États-Unis chercheraient à obtenir un cessez-le-feu temporaire d’un mois afin d’ouvrir une séquence de discussions. Mais du côté iranien, cette proposition est perçue moins comme une base de dialogue que comme une tentative d’imposer des conditions unilatérales. Lire aussi: Guerre en Iran : Malgré les démentis, un canal discret s’ouvre entre Washington et Téhéran Une guerre qui s’intensifie sur tous les fronts Sur le terrain, aucun signe d’accalmie. L’armée israélienne a mené une nouvelle série de frappes sur des infrastructures à Téhéran, touchant notamment des zones résidentielles. En réponse, l’Iran a lancé plusieurs vagues d’attaques visant des cibles en Israël, dont Tel-Aviv et le nord du pays, mais aussi des installations liées aux États-Unis dans le Golfe. Des bases américaines au Koweït, en Jordanie et à Bahreïn ont été ciblées, tandis que des drones ont visé des infrastructures énergétiques sensibles. Cette extension progressive du théâtre des opérations confirme une régionalisation du conflit. Une médiation encore fragile Dans ce contexte, le Pakistan tente d’ouvrir une voie diplomatique. Le Premier ministre Shehbaz Sharif a proposé d’accueillir des discussions entre Washington et Téhéran. L’Iran a reconnu les « bonnes intentions » d’Islamabad, tout en restant prudent sur toute perspective concrète de dialogue. En parallèle, les contacts se multiplient entre Téhéran et plusieurs pays de la région, soucieux de contenir les effets d’un conflit aux conséquences déjà globales. Pendant ce temps, les États-Unis poursuivent leur montée en puissance militaire. L’envoi annoncé de renforts supplémentaires, notamment issus de la 82e division aéroportée, porterait les effectifs américains à plus de 50 000 soldats dans la région, alimentant les craintes d’un conflit durable.