Forages anarchiques en Tunisie : La riposte digitale de l’État
2026-03-26 - 12:04
La Tunisie accélère sa transition numérique dans un secteur aussi sensible que stratégique : l’eau. À l’occasion de la Journée nationale de l’économie de l’eau, le ministre de l’Agriculture, Ezzedine Ben Cheikh, a annoncé la mise en place prochaine d’une plateforme numérique dédiée à la gestion du domaine public hydraulique. Objectif affiché : simplifier et encadrer l’accès aux autorisations de forage et d’exploitation des eaux souterraines, tout en luttant contre les dérives qui fragilisent les ressources hydriques du pays. Le projet entre aujourd’hui dans sa phase opérationnelle Selon Moez Sliti, directeur général de la cellule de bonne gouvernance au ministère, cette plateforme s’inscrit dans le cadre du projet « Gouvernance et gestion des risques de corruption dans le secteur de l’eau ». Lancé il y a trois ans en partenariat avec la présidence du gouvernement et le Programme des Nations unies pour le développement, ce projet entre aujourd’hui dans sa phase opérationnelle. Concrètement, la plateforme permettra de déposer et de traiter en ligne les demandes d’autorisation de forage et d’exploitation. Une réforme administrative de taille quand on sait que les délais actuels peuvent dépasser une année. Grâce à ce dispositif, ces délais devraient être réduits à environ 21 jours. Un large éventail d’acteurs Cet allègement procédural vise un double enjeu. D’une part, améliorer la transparence et la traçabilité dans l’octroi des autorisations, dans un secteur exposé aux risques de corruption. D’autre part, limiter les forages anarchiques. Face à la lenteur administrative, de nombreux demandeurs contournent aujourd’hui les procédures légales, contribuant à l’épuisement accéléré des nappes phréatiques. Lire aussi : Tunisie : Ce qu’il faut savoir sur les nouveaux compteurs intelligents de la SONEDE La plateforme cible un large éventail d’acteurs : agriculteurs, groupements de développement agricole, associations hydrauliques, coopératives et entreprises communautaires. Elle devrait ainsi structurer davantage l’accès à une ressource déjà sous forte pression.