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Externalisation migratoire : L’Europe approuve des « hubs de retour » hors de ses frontières

2026-03-26 - 13:34

Le Parlement européen a franchi un nouveau cap dans sa politique migratoire. Réuni ce jeudi 26 mars 2026, il a approuvé la création de « hubs de retour », des centres destinés à accueillir, en dehors de l’Union européenne, des migrants en situation irrégulière avant leur expulsion vers leurs pays d’origine. Ce dispositif s’inscrit dans le cadre du Pacte européen sur la migration et l’asile et traduit une orientation de plus en plus assumée : gérer les flux migratoires loin des frontières européennes. Des centres hors UE Concrètement, ces « hubs » pourraient être installés dans des pays tiers, notamment en Afrique. Ils accueilleraient des migrants déboutés du droit d’asile dans l’UE, en attendant leur reconduite. La mesure permettrait ainsi aux États européens de transférer une partie de la gestion migratoire vers des partenaires extérieurs. Soutenu par les groupes conservateurs, le texte a suscité de vives critiques de la part d’ONG et de formations politiques de gauche, qui dénoncent des risques de violations des droits humains et une forme de « délocalisation » des obligations internationales de l’Europe. Si aucun pays n’a été officiellement désigné pour accueillir ces centres, la Tunisie apparaît, de facto, comme un acteur concerné. Depuis l’accord signé en 2023 avec la Commission européenne, Tunis est déjà engagée dans un partenariat renforcé en matière de lutte contre la migration irrégulière. La création de « hubs de retour » pourrait accentuer cette dynamique. Lire aussi : Migration : Berlin cite la Tunisie parmi les pays potentiels pour des centres de retour Jusqu’ici, les autorités tunisiennes ont toujours affiché leur refus de devenir une « plateforme de rétention » pour migrants. Mais face aux nouvelles orientations européennes, cette position pourrait être mise à l’épreuve. Plusieurs implications se dessinent Cependant, dans ce contexte, la Tunisie pourrait se retrouver sous une pression croissante pour accepter l’implantation de telles structures sur son territoire, en contrepartie d’un appui financier européen conséquent. Par ailleurs, ce dispositif est susceptible d’entraîner une augmentation du nombre de migrants présents en Tunisie, y compris des ressortissants n’entretenant aucun lien direct avec le pays. Une telle évolution soulèverait également des enjeux politiques et sociaux internes, au risque de raviver les tensions liées à la question migratoire, déjà perceptibles dans plusieurs régions. Pour Tunis, la situation est délicate. D’un côté, la coopération avec l’Europe offre des ressources financières et un appui logistique. De l’autre, elle pose la question de la souveraineté et du rôle que la Tunisie est prête à jouer dans la politique migratoire européenne.

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