Cannes 2026 – L’ACID dévoile l’affiche de sa 34ᵉ édition
2026-03-24 - 00:06
À quelques semaines du Festival de Cannes, l’ACID (Association du Cinéma Indépendant pour sa Diffusion) a dévoilé l’affiche de sa 34e édition, qui se tiendra du 13 au 22 mai 2026 en parallèle de la sélection officielle. Fidèle à son identité, cette section parallèle portée par des cinéastes eux-mêmes continue de revendiquer une place singulière au sein du festival, en mettant en avant des films indépendants et en accompagnant leur diffusion auprès des publics et des professionnels. L’affiche de cette édition a été conçue par l’illustrateur Gaëtan Sahsah, également connu sous le nom d’Azaazelus. Installé dans le sud-ouest de la France, l’artiste développe un univers graphique riche en détails et en couleurs, à la frontière entre quotidien et imaginaire. Dans la note qui accompagne l’affiche, l’illustrateur explique sa démarche : « ACID Cannes est une bulle ouverte à tous au cœur de Cannes : pas de filtrage à l’entrée, pas de tapis rouge. Juste du cinéma. Pour traduire cette idée, j’ai choisi l’image de la maison, un refuge universel fait de bric et de broc, habité de mille façons différentes. Une maison qui s’invente au fur et à mesure, comme ce festival qui se réinvente chaque année en marge du grand spectacle. » Cette métaphore de la maison structure toute l’image. L’affiche représente une architecture composite, faite de volumes superposés, d’escaliers, de passerelles et de toits aux formes géométriques. On y circule comme dans un espace ouvert, presque labyrinthique, où chaque étage semble abriter une nouvelle scène. Des personnages occupent les lieux : ils marchent, discutent, observent, dansent ou manipulent des objets. Aucun ne domine la composition. Cette multiplicité suggère un espace collectif, un lieu partagé où circulent les films, les idées et les regards. L’univers graphique de Gaëtan Sahsah mêle également des éléments fantaisistes à des formes plus familières : créatures imaginaires, objets animés, silhouettes stylisées. L’ensemble donne à l’affiche un caractère ludique et foisonnant, renforcé par une palette de couleurs vives – verts, roses, oranges et jaunes – qui se détachent sur un fond noir étoilé. Cette scène nocturne évoque presque un théâtre à ciel ouvert, une île de cinéma installée au cœur du tumulte cannois. Dans sa partie inférieure, deux yeux stylisés apparaissent au-dessus de la porte d’entrée, comme si cette maison regardait le spectateur autant qu’elle l’accueille. Un détail discret qui rappelle que le cinéma est avant tout une affaire de regard. Section parallèle du Festival de Cannes, l’ACID repose sur une particularité rare dans le paysage des festivals : sa programmation est assurée par des cinéastes. Cette année encore, treize réalisateurs visionnent les nombreux films soumis afin d’en sélectionner neuf, qu’ils accompagneront ensuite dans leur parcours. Pour les œuvres retenues, cette sélection marque souvent le début d’une aventure plus longue : rencontres avec les exploitants, présentation aux distributeurs et vendeurs internationaux, circulation dans d’autres festivals, travail de médiation auprès de différents publics, notamment les plus jeunes. Depuis plus de trente-quatre ans, les cinéastes de l’ACID revendiquent ainsi une mission claire : partager leur passion du cinéma et élargir les horizons des spectateurs. Au fil des années, la section a révélé de nombreux réalisateurs aujourd’hui reconnus. Parmi eux figurent notamment Namir Abdel Messeeh, Lucas Belvaux, Wissam Charaf, Radu Jude, Alain Gomis, Sophie Letourneur, Claire Simon, Yolande Moreau, Pierre Schoeller, ou encore Justine Triet. Cette dernière a depuis poursuivi un parcours remarquable : son film Anatomie d’une chute a remporté la Palme d’or au Festival de Cannes en 2023, confirmant la capacité de l’ACID à accompagner des cinéastes qui s’imposeront ensuite au premier plan du cinéma international. Pour les lecteurs tunisiens, un autre nom résonne particulièrement dans cette liste : celui de Kaouther Ben Hania. La réalisatrice tunisienne avait présenté à l’ACID son premier long métrage, Le Challat de Tunis. Depuis, son parcours n’a cessé de prendre de l’ampleur sur la scène internationale. Depuis, son parcours n’a cessé de prendre de l’ampleur sur la scène internationale : elle a été nommée aux Golden Globes et aux BAFTA, tandis que trois de ses films figurent parmi les nominations aux Oscars, un fait rare pour une cinéaste de la région et qui témoigne de la trajectoire exceptionnelle de son œuvre. La présence de son nom dans l’histoire de l’ACID rappelle que cette section parallèle a souvent servi de tremplin à des réalisateurs dont les films allaient ensuite rencontrer une reconnaissance mondiale. La programmation de l’ACID Cannes 2026 sera révélée dans les prochaines semaines. Mais avec cette affiche foisonnante et colorée, la section rappelle déjà ce qui fait sa singularité : un espace de cinéma ouvert, collectif et en mouvement, installé au cœur de Cannes mais résolument tourné vers d’autres chemins. Neïla Driss