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Cancer colorectal : La Tunisie se rapproche des niveaux européens, avec près de 4 000 cas par an

2026-03-28 - 07:25

La progression est silencieuse, mais continue. En Tunisie, le cancer colorectal s’impose désormais comme l’une des principales préoccupations de santé publique, avec un nombre de cas qui ne cesse d’augmenter au fil des années. Selon les estimations actuelles, entre 3 000 et 4 000 nouveaux cas sont enregistrés chaque année, une tendance récemment confirmée par le Dr Abdellrahmane Masmoudi et relayée sur Mosaique FM. Un chiffre cohérent avec les dernières données officielles disponibles : en 2023, 3 788 cas ont été recensés par les autorités sanitaires. Une évolution qui confirme une tendance lourde, observée depuis plus d’une décennie. Une progression continue depuis plus de dix ans Au milieu des années 2010, l’incidence du cancer colorectal en Tunisie était estimée autour de 20 cas pour 100 000 habitants. Elle dépasse aujourd’hui les 40 cas pour 100 000, soit un niveau qui a pratiquement doublé en une dizaine d’années. Ce cancer figure désormais parmi les plus fréquents dans le pays : 2e chez la femme et 4e chez l’homme, selon les données du ministère de la Santé. Plusieurs facteurs expliquent cette progression : le vieillissement de la population, l’évolution des habitudes alimentaires, la sédentarité, mais aussi une amélioration du diagnostic qui permet de détecter davantage de cas. Lire aussi: Tunisie : Les cas de cancers colorectaux vont doubler d’ici 5 ans ! (2019) Maghreb, Europe : où se situe la Tunisie ? Cette dynamique n’est pas propre à la Tunisie. L’ensemble du Maghreb est engagé dans une transition similaire, marquée par une hausse des maladies chroniques liée à l’urbanisation et à l’évolution des modes de vie. En Algérie, l’incidence du cancer colorectal est estimée entre 17 et 20 cas pour 100 000 habitants, avec une progression notable dans les grandes villes. Le cancer colorectal y figure désormais parmi les plus fréquents, notamment chez l’homme. Au Maroc, les taux restent légèrement inférieurs, autour de 15 à 18 cas pour 100 000 habitants, mais la tendance est également à la hausse, avec des disparités importantes selon les régions et les capacités de dépistage. Dans ce contexte, la Tunisie se distingue par une incidence plus élevée que ses voisins, reflet à la fois d’un système de recensement plus structuré et d’une transition épidémiologique plus avancée. Avec une incidence estimée entre 40 et 53 cas pour 100 000 habitants, la Tunisie se situe désormais dans la fourchette observée dans plusieurs pays d’Europe occidentale, où les taux varient généralement entre 30 et 50 cas. À la différence de ces pays, où le dépistage a permis de stabiliser la maladie, la Tunisie reste dans une phase de progression. Le dépistage, ligne de fracture décisive L’enjeu se joue précisément là. Car si le cancer colorectal peut être guéri dans près de 90 % des cas lorsqu’il est détecté à un stade précoce, les chances chutent drastiquement en cas de diagnostic tardif, avec des taux de survie nettement plus faibles aux stades avancés. Entre détection précoce et diagnostic tardif, l’écart n’est pas statistique : il est décisif. Lire aussi: En 2040, la Tunisie enregistrera plus de 40 mille cas de cancers

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